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un blog pourquoi? parce qu'au fond de nous on est tous convaincus d'être exceptionnels et qu'on aimerait bien le faire savoir. Ou peut être tout bêtement pour partager avec d'autres nos coups de gueule et nos coups de coeurs. Et puis au cas où tout le monde s

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prise de tête

Pourquoi je me prends la tête ? Je suis jeune, j’ai des projets, je connais des gens formidables, chaque journée apporte son lot de nouveautés, je fais un stage très instructif, je m’éclate pendant mes cours de conduite et me défoule à la muscu. Je suis aux Antilles où le soleil brille, entouré d’une bonne part de ma famille, je mange plein de bonnes choses et je m’amuse plus qu’à mon tour. Et pourtant rien n’y fait, j’ai le blues… Je fais de l’insomnie, je me triture les méninges, je pète un câble pour un rien, intérieurement au moins, je soupire à m’en fendre les bronches bref comme on dit chez moi « man ni an gwo pwel ». Ou en tout cas ça y ressemble. Pourtant, techniquement parlant, ces états d’âme n’ont pas lieu d’être. Je ne suis pas seul. Je suis seulement loin de l’endroit où je voudrais être. Très loin. Ma vie qui pourrait sembler pleine et active n’est à mes yeux qu’un vide au silence assourdissant. Les plaines glacées de mon esprit sont parcourues par le blizzard du manque, par les alizés de l’absence. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé comme dit le proverbe. Cela n’a jamais été aussi vrai. Je ressens dans mes tripes et dans ma tête la carence affective qui fait de moi un homme bancal. J’ai une boule dans le ventre, elle me tord les boyaux, j’ai beau me concentrer sur autre chose rien n’y fait, je ne parviens pas à l’oublier. Comment le pourrais-je d’ailleurs. Elle est tout pour moi. Seulement voilà, son absence me prive de réciprocité. Mes élans sentimentaux ne trouvent aucun écho… Mes sentiments ne me sont pas renvoyés… Silence radio… J’erre désespéré comme un aveugle sans sa canne, à la recherche d’une étincelle de lumière ou d’espoir. On n’est jamais à cours d’espoir, même si en espérant on perd de notre fierté. On attend, on se dit qu’à la place de l’autre on aurait donné un petit signe de vie, on aurait manifesté notre affection. Quand on est las d’attendre on comprend que l’autre à mieux à faire que de nous donner des nouvelles… Alors arrive le temps du doute : on se demande si on a mérité que l’autre fasse attention à nous, on lui cherche des excuses, on se demande s’il a des raisons de nous en vouloir. Puis, quand on a épuisé les recours de l’absente, alors on s’aigrit, on s’énerve, on devient le jouet de notre propre ressentiment, un pantin entre les mains du courroux. A ce moment là jamais le terme séparation n’aura autant été approprié…

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