Pas un souffle d'air, pas un mouvement, pas un son.
Passants, regards, paroles : figés en pleine action.
Cascades de mouvements, farandole d'expressions,
Froufrous de vêtements, gestes vifs et fanfarons,
Un carnaval festif, furieux et sonore s'interrompt.
Pierrots, Arlequins, Diablotins et Neg Marrons
Suspendent leurs facéties, farces et agitations...
C'est la pause sans raison, en plein vol un papillon
Flotte, intemporel et couillon. Ciel bleu, éclair vermillon...
Le silence, irréel, emplit l'espace et s'élève impromptu
Dans l'air de ce matin pur, fixé sur une toile écrue.
Tous les personnages, surpris, grimacent d'un air déçu
Et adressent une supplique muette et des regards émus
A celui qu'ils croient être l'ordonnateur de ce spectacle farfelu.
Sans réponse, sans recours, sans espoirs, comme nus,
Ils attendent dans la rue qu'annulé soit le sort qui les tue.
Marionnettes fluettes sans têtes, acceptez le sort échu...
On ne s'oppose pas au Sort qui, cruel, vous a déchu...