Vendredi 9 mai 2008
Les portes de l'enfer ont un digicode
    et le concierge souffreteux
pense que les camisoles sont à la mode

    surtout celles en bleu.

Il se fait tard et l'errance ennuie.
    Entre chien et loup la lumière
mue les voiture en boule de suie
  
    et les teinte d'un reflet d'hier.

Dans la pénombre l'agneau rôde.
    Craintif, absent et malheureux
il constate que l'existence s'errode

    et se dilue dans les cieux.

La nuit les loups  y font tanières.
    Tiens! une ombre le suit !
Silencieuse, menaçante et Altière.
    Un cri déchirant retentit :

Est-ce un cri ou le fauve qui rit ?
par crazyfraizy publié dans : poesia communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 7 mai 2008
Un bateau de papier s'est égaré
       dans une tempête de nuages,
Effiloché, balloté, floué et assoiffé
       comme un rhum hors d'âge.

Le feu citronné, loin d'être une vétille
        carquèle la langue des commères
qui, insatiables, sont voler leurs babil
        glaçant sur les braises brûlantes d'hier.

Mémoires natales, mémoires mortelles :
       les triples foyers du poète
Doivent s'élever au loin et à tire d'ailes
       pour voir du passé quelques miettes.

Le retour à la cabbale est frustre
       pour l'esprit maître de son île
qui siège éminemment depuis des lustres
        au coeur de l'agora de sa ville.

L'auteur de lave, de sel et de pluie
       chammare d'un vif écheveau
les archives de l'oubli, du troupeau
       qu'il a aimé jusqu'à l'oubli...


par crazyfraizy publié dans : poesia communauté : La marelle des plumes
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Dimanche 10 février 2008
"The more that you read
The more things you'll know

The more that you learn
The more places you'll go"

par crazyfraizy publié dans : poesia communauté : Les mots dans tous leurs états
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Samedi 9 février 2008
Je fête en ce moment quelques anniversaires dans la capitale, en compagnie d'un grand homme. J'ai déjà presque tout oublié d'hier soir, si ce n'est que :
- l'on peut être dans la brume mais la tête au soleil, et prendre le risque d'une insolation sensitive avec le sourire aux lèvres
- dans les trains on croise des contrôleurs obtus mais sympas, des chanteurs africains qui entonnent du compas avec des étoiles dans l'accent, des experts comptables qui vous font une analyse en déposant leur Charlie Hebdo délicatement sur la tablette, des mamans épuisées dont le mioche répand des sourires comme des perles. Au final, tout le monde se fait la bise et les mecs pleurent sur l'élimination du Ghana et de la Côte d'Ivoire à la CAN.
- Paris est magique : Quartier Notre Dame, 22h, promenade surréaliste, entre une librairie en VO qui possède l'odeur d'un roman de James Joyce, quelques places et des bars sur l'enseigne desquels on peut lire "coktails and dreams", des rues bondées, animées par des bagarres de SDF (séparés par des passants et calmés pour un temps), un danseur de claquettes noir qui se répand en sueur et en jovialité, deux breakeur qui font des acrobaties sur le refrain "Dallas son univers impitoyable", des groupes de "Djeuns" hilares et sympathiques qui, à l'orée d'une bouche de métro s'esclaffent quand on leur annonce "qu'ils sont si communs d'être originaux" et qui repartent en sifflotant. 
- 23h30, la dérive devient franchement hallucinée, et on s'échoue au premier bar tranquille, en terrasse, à côté d'une femme qui, comme toutes celles d'hier, était magnifique... Un port de reine, une cigarette pareille au terme "métempsychose", le genre qui fais de vous un Dieu ou un homme en un simple battement de cil. Après deux heures de discussion courtoise (4 amis occasionnels nous avaient rejoins, d'autres étaient passés, dont un polonais qui se moque de gens qui payent 7,5 euros leur bière quand la sienne lui revient à 30 centimes). J'ai croisé Romanéo ce soir, et Juliette n'était pas au balcon.  Que de sourires et beaucoup de surprises.
- Minuit : vedict du sondage improvisé "quel est le plus beau mot de la langue française"?
        réponses proposées :
            ==> amour, rêve, business, fin, fuck, classe, conciliabule, papillon, ronronner, 26, révérence, mignonette,                         anticonstitutionnellement (mot éliminé à l'unanimité)
            ==> Mais alors funambule, quel est ton mot préféré ??
            ==> Si seulement je savais ton nom...

- Quelques martinis, bières, sourires plus tard, au revoir théâtral et direction KFC pour se faire offrir de la sauce Curry par un employé hilare et sérieux quand il soupire après les sourires invisibles des parisiennes... eh bien ça se trouve, mais il faut chercher. Rien ne tombe directement dans la bouche.
- métro, rencontres, fatigues, porte des lilas, pas de haie ni d'honneurs, juste un pote qui se marre et lâche un joyeux "an té ka dômi sacré ban' i'salop'... an pé ké fouté zot dèhô o swè a an cunia manman zot mè  zot  té ni intéré méné KFC"
- MTV, douche, quelques épisodes de Ken le Survivant et puis on résiste à la tentation du portable, de l'ordi, on ferme à regrets les yeux... Même le plafond sourit ce soir. Et mes pensées volent toutes dans la même direction, comme des oies bernaches cendrées canadiennes qui auraient mal lu les consignes de la tour de contrôle et le planning de vol. Résultat : 972==>69==>33==>75 au début du printemps... Mais bon, les voyages forment l'allégresse.

A plus pour de nouvelles aventures
par crazyfraizy publié dans : crazyfraizy
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Samedi 9 février 2008
 « La réalité est intransmissible, que les mots ne transmettent rien, que l’incertitude est la seule base qui tienne, que la matière humaine est une pulsation de conscience dans un chaos de haute complexité, que dévoiler n’est pas mettre à plat, ni raconter mais éclabousser d’ombres et d’éclats qui ouvrent toutes les portes mais ne se donnent pas, et qu’alors il nous reste la matière démesurée du langage et l’infini courage à mettre en œuvre pour tenter d’en faire un événement, c’est-à-dire de la littérature ».

Dixit Patrick Chamoiseau à propos de Willam Faulkner...

Grand hommage collectif à cet auteur exigeant et universel... à lire sur le blog de Pierre Assouline
par crazyfraizy publié dans : critiques
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